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Lénine-Staline

Le livre de Claude Mossé aurait pu s’intituler “le siècle de Péricles” car très vite l’auteur nous dit que de Périclès nous savons peu de choses. Les sources fiables sont en effet peu nombreuses : les textes de Thucydide et de Plutarque. Il semble bien également que Thucydide ait dressé de Périclès un portrait louangeur pour mieux critiquer d’autres personnalités comme Cléon avec lequel il avait des comptes à régler. Pour contourner l’obstacle, Claude Mossé entreprend donc une description du siècle de Périclès, c’est-à-dire du temps de l’apogée d’Athènes.
Athènes est au VIe siècle sous la domination des Alcméonides, des familles aristocratiques, qui prennent la charge d’archonte. Il en est ainsi de Mégaclès. Lorsque le temple d’Apollon est détruit par un incendie en 548, ce sont les Alcméonides qui financent sa reconstruction.
La constitution d’Athènes atteste de la transformation du régime politique athénien en une démocratie dirigée par neuf magistrats élus annuellement et un Conseil d’anciens siégeant sur la colline de l’Aéropage. Solon introduit 4 classes censitaires. Seuls les membres des trois premières classes peuvent accéder aux magistratures tandis que la dernière classe, celle des thètes, n’a le droit de participer qu’aux assemblées et aux tribunaux. Clisthène, ensuite, répartit les Athéniens dans dix tribus au lieu de quatre afin d’élargir la participation à la vie politique ; il divise également le pays en 30 groupes de dèmes, selon trois régions, afin de limiter l’influence des grandes familles d’Athènes. L’époque de Clisthène voit également la création de la Boulé dont les membres sont tirés au sort à raison de 50 par tribus.
Périclès naît vers 495 de l’union de Xanthippos avec Agaristè, fille d’Hippocratès et petite-fille de Mégaclès, cité plus haut et débute sa carrière politique vers 463 alors qu’il est seulement âgé d’une trentaine d’années. Il défend l’idée d’une prise du pouvoir réel par le démos.
Les guerres médiques tournées contre les Perses marquent le début de l’hégémonie d’Athènes.
A cette époque, la Boulé gagne en influence sur les grandes familles athéniennes. L’assemblée du peuple s’ajoute à la Boulé, se réunit pour décider des affaires de la Cité et dispose d’un pouvoir de contrôle sur les magistrats. Tous les citoyens peuvent prendre part aux débats. Les décisions sont prises par un vote à mains levées. On peut néanmoins supposer que seuls les plus débrouillés à l’oral viennent à la tribune prendre la parole (les démagogues et les rhéteurs). L’Héliée est la troisième assemblée, composée de 6000 citoyens tirés au sort, elle dispose des pouvoirs de justice. La mistophorie, c’est-à-dire la rétribution des fonctions publiques, permet au citoyen de dégager du temps pour participer à la vie politique. L’ostracisme donne à la Cité l'opportunité d’éloigner les citoyens “indésirables”. Ceux qui critiquent ce système parlent de “gouvernement des pauvres” à propos du pouvoir que s'arroge le plus grand nombre au détriment des meilleurs. Vers 451, par un décret de Périclès, l’accès aux magistratures est limité aux seuls enfants de deux parents citoyens. Ce siècle est donc celui de l’invention de la démocratie mais il correspond également à une période d’expansion territoriale pour la Cité et d’hégémonie sur les Cités qui se regroupent au sein de la ligue de Délos.
La rupture de la paix a pour origine les différents entre Athènes et Corinthe. Elu stratège de 443 à 431, Périclès mène pour Athènes la guerre du Péloponnèse. Plutarque le décrit comme étant un homme doux, ayant le sens de la justice et de la mesure.
Il meurt de la peste en 429.

Le territoire athénien recouvre des aspects variés faits de collines et de montagnes sur lesquels vignes et oliviers prospèrent. L’autarcie est le mode économique dominant. Les échanges avec l’extérieur se font en utilisant la monnaie. Les produits essentiellement importés transitent par le port du Pirée. Il existe un artisanat domestique et un artisanat spécialisé, installé dans les quartiers.
La société athénienne se divise entre hommes libres et non-libres. Les esclaves travaillent par exemple dans les mines du Laurion et sur d’autres chantiers. Les citoyens sont forcément inscrits dans des phratries, tribus ou dèmes. Ils représentent autour de 40 000 hommes au Ve siècle. Les métèques, au nombre de 15 000 environs, sont mobilisables. Ils viennent pour l’essentiel d’autres régions de Grèce.
La reconstruction de l’Acropole est le symbole de la puissance d’Athènes et de la volonté de Périclès de donner du travail aux pauvres en entamant de grands travaux. Le Parthénon est élevé entre 447-446 et 433-432. Il s’agit de reconstruire ce qui a été détruit par les Perses. La grande statue d’Athéna, aujourd’hui perdue, est recouverte d’or et d’ivoire.
La vie athénienne est rythmée par les grandes fêtes religieuses : procession des Panathénées, représentées sur les frises du Parthénon ; Dionysies avec ses concours dramatiques de théâtre. C’est en effet l’époque des grands auteurs : Sophocle, Eschyle, Euripide et de la naissance de l’histoire incarnée par Hérodote et Thucydide.
L’intervention populaire afin d’empêcher des tentatives pour installer de nouveau un régime tyrannique montre l’importance que revêt aux yeux des athéniens le régime démocratique. Le IVe siècle apparaît néanmoins comme une période de déclin : pauvreté paysanne du fait des invasions, désintérêt pour la chose politique, difficultés financières... Cette thèse est cependant contestée par ceux qui écrivent que ce siècle est aussi celui de Praxitèle qui soutient la comparaison avec l’architecte du Parthénon Phidias ; des écoles de rhétorique (Isocrate, Isée) et de philosophies (académie de Platon, lycée d’Aristote). Des historiens parlent même, malgré les révolutions oligarchique, d’un système institutionnel plus abouti qu’au Ve siècle. C’est en fait la victoire macédonienne en 322 qui met fin à la démocratie à Athènes. La suppression de la mistophorie créée par Périclès en 411 est tout de même un élément qui restreint l’intervention populaire dans les affaires de la Cité..

 

 

Le Louvre (Grèce classique)
Le Parthénon au British museum
Musées de la Grèce antique