Les sources au sujet de Septime Sévère sont abondantes et variées. Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver des monnaies lesquelles célèbrent des événements dans le règne : une campagne, la traversée pacifique dun pays ou dune région. LHistoire romaine de Dion Cassius est la source majeure, émanant dun magistrat contemporain de Sévère. La perte dune partie des uvres de ce personnage a été comblée grâce à deux historiens de lépoque byzantine, Jean Xiphilin et Jean Zonaras. Jean Hérodien fut lui attaché aux services administratifs impériaux ; il est lauteur dune histoire du règne des empereurs de Marc Aurèle à Gordien III. Anne Daguet-Gagey cite en outre très souvent lHistoire Auguste, un recueil de 39 biographies dempereurs, rédigé à la fin du troisième siècle et au début du quatrième par six auteurs différents (en fait un seul ayant pris six pseudonymes pour tromper les lecteurs). Louvrage est à manier avec dinfinies précautions tant il mêle le vrai et le faux. Pour la période qui nous intéresse, lauteur de lHistoire Auguste aurait puisé dans louvrage dun certain Marius Maximus, sénateur et proche de lEmpereur. Sévère a lui-même achevé une autobiographie perdue à ce jour.
AUX ORIGINES AFRICAINES
Septime Sévère est originaire de Lepcis Magna, située sur la côte de lactuelle Libye, dans la province de Tripolitaine. Il serait né en 145 ou 146 dans une cité au statut de colonie honoraire de droit romain. La famille du futur empereur possédait des domaines (saltus) à proximité de la ville. Il semble en outre que son grand-père figurait parmi les tout premiers citoyens au moment où Lepcis devint colonie, cest-à-dire sous Trajan. La famille était donc aisée. La mère du futur empereur se nommait Fulvia Pia ; la gens Fulvia était une grande famille de la ville. Dès sa naissance, Septime Sévère fut donc immergé dans le milieu des notables municipaux. Il avait un frère et une sur ; il était vraisemblablement laîné de la famille et Publius Geta son cadet. Celui-ci réussit une belle carrière de sénateur. Son frère, notre sujet, fut élevé par sa mère, des nourrices et un pédagogue chargé de linitier à la lecture. Lécriture était enseignée sur des tablettes enduites de cire et l'on écrivait avec un style ou poinçon. Les châtiments corporels nétaient pas rares. Sévère passa ensuite à lécole du grammairien (grammaticus) où lui fut dispensé un enseignement en grammaire et littérature sous légide des grands noms de la littérature antique (Homère, Vigile, Térence, Horace, Salluste, Cicéron). Enfin, un maître de rhétorique (rhetor, en grec sophiste) se chargea de lui apprendre à composer et déclamer un discours. Finalement, Sévère aurait joui dune formation en droit.
SITUATION DE L'EMPIRE
Cest à lâge de 18 ans que le jeune Sévère traversa la mer pour gagner Rome dans le dessein dy parfaire sa formation. A cette époque, Rome contrôlait un Empire qui sétendait sur 5 000 km douest en est et 3 000 du nord au sud. La Dacie avait été conquise à lépoque de Trajan et lArabie soumise en 106. A la tête de cet immense territoire lempereur partageait son pouvoir avec le Sénat. Le mode de désignation du principal personnage de lEtat nétait plus héréditaire. Depuis Nerva en effet (96-98) qui succéda à Domitien à un âge très avancé, le choix se portait sur celui qui était présenté comme le plus capable parmi lélite. Lempereur était porteur du surnom dAuguste par lequel on désignait le détenteur dune force sacrée. Lordre sénatorial se renouvelait quant à lui toujours sur le mode héréditaire. Mais un recrutement sur la base de la fortune était aussi opéré avec laval de lempereur. La triade capitoline Jupiter-Junon-Minerve veillait sur la cité et son empire. Quand Sévère arriva à Rome, Antonin venait de séteindre (161) et deux empereurs se partageaient désormais le pouvoir : Marc Aurèle et Lucius Verus. Le premier est bien sûr le plus connu de nous, réputé empereur philosophe, puisant aux sources du stoïcisme, doctrine vantant la maîtrise de soi et le frein aux passions. En sus, les Romains entraient dans des conflits avec les Parthes en Orient.
ROME, LA VILLE
Rome était en ce temps-là une ville bruyante, insalubre, " grouillante et cosmopolite " ; sa population était dun million dhabitants sur une superficie de 1 500 à 2 000 hectares. Lempereur résidait dans un palais devenu avec le temps gigantesque. LHistoire Auguste accable le jeune Sévère pour son comportement dans lUrbs : " Sa jeunesse fut remplie de frénésie, parfois même de méfaits. " Sévère dut même se défendre dune accusation dadultère. Il assistait aux jeux au Colisée (dont le nom vient de la statue colossale dressée par ordre de lempereur Néron et le représentant en soleil), aux courses dans le Circus Maximus lequel pouvait accueillir jusquà 350 000 spectateurs venus assister aux courses des quatre factions représentées chacune par une couleur : les Blancs, les Rouges, les Verts ou les Bleus. Il reçut cependant un enseignement dans la schola, dispensé dans les portiques du forum. Les exercices de déclamation se multiplièrent jusquaux premiers discours. Grâce à laide de sa famille de Rome, Sévère obtint de lempereur le laticlave : il pouvait désormais porter létoffe de couleur pourpre et accéder au Sénat.
FACE AUX GERMAINS
La vie à Rome et dans lempire devint plus difficile lorsque se répandit une maladie, sans doute rapportée par les soldats partis en Orient et proche, par les symptômes, dune variole. Dans le même temps, vers 166, il fallut mener la guerre contre les Barbares des régions danubiennes. Après le règne pacifique dAntonin, Marc Aurèle repartait presque à contre cur- sur le front. Avec les victoires remportées, Marc Aurèle fut affublé du titre de Germanicus Maximus (" Très Grand germanique ").
Septime Sévère échappa lui au service militaire mais il exerça deux fois la questure (par exemple en Bétique, une province sénatoriale au sud de lEspagne), une charge à caractère financier pour lessentiel. Après un tour par Lepcis pour hériter des domaines de son défunt père, Sévère fut affecté en Sardaigne. Son cursus honorum se poursuivit par une légation en Afrique, réservoir en blé et huile de lempire. Le gouverneur en Afrique avait dimportantes charges financières et administratives ; les légats étaient là pour le soulager dans ses attributions judiciaires et effectuer des tournées à sa place. Sévère fut plus particulièrement envoyé dans le secteur de Carthage et dans les territoires du sud-ouest de la province. LHistoire Auguste évoque déjà le côté autoritaire du personnage. La charge quil obtint ensuite fut le tribunat de la plèbe. A ce moment de sa vie, Sévère se maria à Paccia Marciana, une femme dorigine punique, dont il eut peut-être deux filles bien mariées par la suite. La préture lui échut ensuite, une charge juridictionnelle. Sévère fut envoyé dans la province hispanique de Tarraconaise pendant cette année.
Marc Aurèle était alors au crépuscule de sa vie ; il avait veillé à sa succession. Cest son fils Commode -lequel laccompagnait sur le front danubien- qui était pressenti. Marc Aurèle mourut le 17 mars 180. Commode fut un bien piètre empereur ; selon Dion Cassius : "
plus redoutable que toutes maladies et tous les maléfices ".
Pour Sévère, un nouveau départ sannonçait : il était affecté au commandement dune légion qui stationnait sur lEuphrate. A la cour du roi, les intrigues commençaient ; la sur de Commode se compromit ainsi dans un complot ourdi avec une fraction du Sénat et un général de Marc Aurèle, son époux (Tibérius Claudius Pompeianus). Les auteurs furent exécutés. Sévère, prévenant, lui campait alors à Athènes. La Grèce était toujours au goût du jour ; par exemple linitiation aux mystères dEleusis avait séduit plusieurs empereurs dont Auguste, Hadrien, Lucius Verus et Marc Aurèle. Pendant ce temps, Commode se livrait à des débauches relatées par lHistoire Auguste :
" Il pratiquait le culte dIsis, allant jusquà se raser la tête et à transporter avec soi une statue dAnubis. Par goût de la cruauté, il obligeait les sectateurs de Ballone à se couper un bras pour de bon et contraignit les prêtres dIsis à se battre la poitrine à mort avec des pommes de pin. Vêtu en femme et couvert dune peau de lion, il frappait à coups de massue non seulement des lions, mais même beaucoup dhommes. Il déguisait en géants des estropiés et des paralysés des membres inférieurs. Un homme obèse eut le ventre fendu du haut en bas, si bien que dun seul coup ses intestins se répandirent à lextérieur. Il donnait le nom dorganes sexuels masculins et féminins à certains de ses gitons auxquels il prodiguait spécialement ses étreintes. Il avait auprès de lui un homme doté dun pénis dune taille supérieure à celui des animaux ; il lappelait " Onos " et en était tellement entiché quil le couvrit de richesses et le préposa au sacerdoce dHercule Rustique. Il mélangeait souvent des excréments humains aux mets les plus coûteux et ne se faisait pas faute dy goûter, pensant ainsi se moquer des autres. "
Il donna des spectacles nombreux, sexhiba nu dans le Colisée, exigea de se faire appeler dun nom de gladiateur.
Le Lepcitain, continuant dexercer loin de Rome, fut alors affecté à Lyon où il dut combattre un déserteur de larmée romaine devenu brigand. Veuf, Sévère se remaria alors avec Iulia Domna, une Syrienne, prêtresse du culte dEmèse en Syrie, cultivée et de caractère. Cest donc à Lyon que naquit leur enfant : Septimius Bassianus plus tard appelé Caracalla (4 avril 188). Géta, son frère cadet vint au monde à Rome. Le nom avait été choisi en hommage au grand-père. En 189, le Sénat confia à Sévère la Sicile, en qualité de proconsul. Rome venait de brûler dans un incendie. A cette époque furent nommés une foule de Consuls (25 pour la seule année 190) dont Sévère. Avant de partir pour la Pannonie, Sévère fit lacquisition de jardins, en conformité avec son rang.
Commode fut finalement écarté du pouvoir par un nouveau complot le 31 décembre 192 : " Ils lui administrèrent du poison ; mais devant son peu defficacité, ils le firent étrangler par un athlète avec lequel il avait lhabitude de sentraîner ".
LA SUCCESSION DE COMMODE
En labsence dhéritier, le Sénat choisit le préfet de la Ville Pertinax pour lui succéder mais celui-ci fut rapidement assassiné. Didius Iulianus, son successeur, ne parvint pas à faire oublier le procédé utilisé pour obtenir le pouvoir : un marchandage indigne de lempire. Niger gouvernait alors la Syrie, en qualité de légat. Septime Sévère décida donc de tenter sa chance mais il devait se débarrasser de Niger avec le soutien des légions de loccident et dAlbinus, un parent de Iulianus, gouverneur de Bretagne. Sévère combla de sesterces les légions pour en obtenir le soutien. En cherchant le premier à maîtriser Rome, Sévère lemporta contre son adversaire. Dautant que pour laffaiblir, le nouvel empereur fit enlever par Plautien les enfants de Niger. Il fit un sacrifice sur le Capitole pour sattirer les faveurs des Dieux. Il prit pour modèle Marc Aurèle et léphémère mais regretté Pertinax. Les partisans sénateurs dIulianus furent exécutés. Il désigna un homme de confiance comme préfet de la ville afin de partir lesprit tranquille en Orient en finir avec Niger. Toujours dans le dessein de sattirer les faveurs de ses sujets, Septime Sévère reprit les distributions frumentaires. Sévère dépêcha en Thrace une armée commandée par un sénateur de fraîche date : Lucius Maximus Perpetuus Aurelianus, sans doute une des sources de lHistoire Auguste. Après moult péripéties, Niger fut vaincu et eut la tête tranchée : " Sévère layant envoyé à Byzance, la fit attacher à une croix afin dexciter, par ce spectacle, les habitants à se ranger de son parti ".
SÉVÈRE AUX COMMANDES
Pour procurer des liquidités à lEmpire, Sévère fut contraint de procéder à une dévaluation de la monnaie. Auparavant les équivalences entre les différentes monnaies étaient les suivantes : un aureus (or) valait 25 deniers (argent) qui valait 100 sesterces qui valait 200 dupontii et 400 as (orichalque, cuivre et zinc). La réforme consista à faire passer le taux de fin de la pièce dargent à 50 %, le denier ne contenant quenviron 1,85 g de métal précieux.
Avec cet argent, Sévère engagea des campagnes punitives en orient pour assujettir les peuples qui avaient soutenu Niger : lempire fut à cette occasion étendue jusquau Tigre.
Sévère se désigna en 195 fils du divin Marc Aurèle et ce faisant frère de Commode qui fut ainsi réhabilité.
Albinus avait été neutralisé pendant les campagnes de Niger par son association fictive au pouvoir (le titre de César lui avait été donné par Sévère). Lorsquen 195, Sévère désigna ses aïeux, Albinus comprit quil était écarté du pouvoir. Il fallait pour Sévère marcher cette fois-ci vers louest. La grande bataille eut lieu à Lyon le 19 février 197. Albinus se donna la mort lorsque les troupes de Sévère investirent la ville. Ses partisans furent passés par les armes, en particulier au Sénat et leurs biens confisqués pour le plus grand bénéfice des caisses du Trésor impérial.
Sévère savait quil devait être redevable de la fidélité de larmée à laquelle il offrit de fastueux spectacles.
En 197, ses deux enfants portaient le titre de César et Sévère avait regagné lorient (Antioche, Syrie). En 198, Caracalla devint Auguste donnant naissance à une rivalité féroce entre les deux frères. Sévère ne parvint jamais à conquérir Hatra. Fin 199 et en 200, Sévère renonça à Hatra pour une croisière en Egypte. LEgypte était alors chargée de fournir le tiers de lapprovisionnement en grain.
Pour répondre aux doléances des sujets de lempire, Sévère procédait par la rédaction des apokrimata. Ces textes disaient par exemple que les femmes pouvaient emprunter et rembourser des sommes dargent ; que les orphelins devaient être protégés ; affirmaient le principe de la responsabilité individuelle par rapport à la fiscalité et de lexemption des septuagénaires et des pères de cinq enfants des charges municipales.
A son retour, Caracalla devint consul, la cérémonie eut lieu à Antioche (il était alors âgé de treize ans).
DÉCENNALES
De grandes fêtes se déroulèrent à Rome pour fêter 10 ans de pouvoir (printemps 202). En outre, cette cérémonie allait coïncider avec le mariage de Caracalla avec la fille du préfet du prétoire Plautien (sorte de vice-empereur), une union vouée à léchec.
Pour laisser une trace de son passage au pouvoir, Sévère fit construire des monuments dans Rome à sa gloire : larc de triomphe du forum, une statue équestre, une fontaine monumentale au nom de Septizonium, un autre arc au forum boarium.
L'HOMME ET SON GOUVERNEMENT
Sévère shabillait très simplement : " à peine y avait-il un filet de pourpre sur sa tunique, tandis quune chlamyde en tissu rugueux recouvrait ses épaules. Pour la nourriture, il était très frugal, adorait les légumes verts de son pays dorigine, appréciait le vin de temps à autre et se passait souvent de viande ".
Il se faisait seconder dans sa tâche par un Conseil impérial ; un bureau des libelles était chargé des requêtes des particuliers ; un bureau des enquêtes des dossiers pour le tribunal. Il sentoura de juristes dont Papinien, Ulpien et Paul. Son préfet du prétoire Plautien fut aussi un précieux second mais son enrichissement scandaleux et le mariage raté de sa fille fut à lorigine dune retentissante rupture. Dion Cassius révéla en outre ses méthodes dune grande cruauté : " il fit castrer chez lui cent Romains de naissance libre, et cette entreprise ne fut connue de nous quaprès sa mort. Ce ne furent pas seulement des enfants et des jeunes gens quil fit castrer, mais aussi des hommes, dont quelques-uns avaient des femmes, afin que sa fille Plautilla, quAntonin épousa dans la suite, eût des eunuques tant pour la servir que pour lui enseigner la musique et tous les autres arts. " Sévère se décida à agir quand Caracalla vint se plaindre auprès de lui de linsolence de sa femme. Convaincu de sa chute, Plautien tenta de faire assassiner lempereur et sa descendance, mais son projet avorta. Il fut massacré et son corps jeté à la rue. Les biens du préfet furent confisqués.
DESCENDANCE ET NOUVEAU SIÈCLE
Les enfants de Sévère ne se comportaient pas ainsi que leur père aurait voulu ; outre quils se haïssaient, ils se complaisaient dans les jeux des gladiateurs et des conducteurs de chars.
Le nouveau siècle fut cependant lobjet dune célébration à une date a priori curieuse (204) mais qui correspondait à la datation adoptée sous Auguste où les siècles duraient 110 années. Un sacrifice fut accompli selon le rite grec ; lempereur procéda lui-même au sacrifice de neuf agnelles et dautant de chèvres noires. Il nétait pas question de se voiler la tête avec la toge comme dans le rite romain mais il fallait porter une couronne de laurier et jeter quelques poils de la bête dans le feu. Les festivités furent suivies dune procession.
DANS LES PROVINCES
Les réalisations de lempereur dans les provinces furent nombreuses : constructions de voies, de places fortes, installations de garnisons de fantassins et de cavaliers. Sa ville natale ne fut pas oubliée. La promotion de cités au ius italicum qui revenait à les exempter de toute imposition foncière pour assimiler les colonies à des cités italiennes se répandit (Héliopolis, Laodice et Tyr, en Syrie, Lepcis Magna et Utique en Proconsulaire). Le Lepcitain savait récompenser les cités alliées dans les guerres intestines et punir lourdement les autres. A Lepcis, un arc en son honneur fut dressé ; le port fut réaménagé ; une rue à colonnades orientée vers le sud-ouest dressée. Deux cents colonnes de ce site devait connaître un curieux destin : " Au XVIIe siècle, le consul de France, Claude Lemaire, obtint du sultan de Constantinople lautorisation de les faire déposer et expédier à Versailles, où Louis XIV était en train de transformer le relais de chasse de Louis XIII en demeure somptueuse. En 1704, quatre autres de ces colonnes furent utilisées pour soutenir le baldaquin du grand autel de léglise mauriste de Saint-Germain-des-Près, un ensemble monumental qui ne devait pas survivre à la Révolution. Les cathédrales de Rouen et de Brest, la cocathédrale Saint-Jean à Malte, ainsi quun palais dIstanbul, partageraient, dit-on, le privilège de posséder également des marbres dorigine lepcitaine. Linitiative française fit des envieux et cest ainsi quau XIXe siècle, un consul britannique obtint un privilège semblable pour sa Très Gracieuse Majesté, qui cherchait alors à orner le parc du château de Windsor. "
Le chantier du forum et de la basilique débuta sous Septime Sévère pour sachever sous son fils.
AVEC LES CHRÉTIENS
La progression du christianisme dans lempire avait conduit Marc Aurèle à utiliser la répression : à Lyon, des martyrs (Blandine et Sanctus) furent exécutés dans lamphitheâtre du sanctuaire fédéral des Gaules et furent suppliciés. Du temps de Sévère, les chrétiens furent épargnés avant de connaître la persécution du préfet Laetus en Egypte. Lempereur ne se serait pas acharné contre les chrétiens mais aurait condamné certaines de leurs factions au titre dassociations illicites.
En 208, Sévère repartit pour des campagnes en Bretagne accompagné de ses fils pour les détourner de leurs futiles occupations ; la santé de lempereur était alors déclinante et il ne pouvait chevaucher. La guerre prit la forme dune guérilla très meurtrière. A ce moment, Caracalla semblait éprouver de plus en plus de pulsions meurtrières contre son frère et même peut-être contre son père. " Cet épisode devait inspirer au peintre Greuze une toile conservée au Louvre, intitulée Lempereur Sévère reproche à Caracalla, son fils, davoir voulu lassassiner. Cest dans ces circonstances pénibles que Septime Sévère rendit lâme le 4 février 211 à Ebucarum. Caracalla naurait rien fait pour freiner lagonie de son père. En 211, Caracalla devait assassiner son frère ; en 217, son règne sachève dans un bain de sang. Ainsi saccomplit la prédiction qui avait été formulée à Septime Sévère dans le sanctuaire de Zeus Belos, à Apamée sur lOronte : " ta famille tout entière nagera dans le sang ". Au prix de guerres très coûteuses, Sévère avait relancé les conquêtes, ajoutant à lempire deux provinces orientales : lOsrhoène et la Mésopotamie. On lui prête ces propos au crépuscule de sa vie : " LEtat était en proie aux pires désordres quand je lai reçu ; je le laisse pacifié, même en Bretagne. Maintenant, vieux et podagre, je lègue à mes chers Antonins, un empire qui restera fort sils se comportent bien, mais deviendra faible sils se comportent mal. "
D'après Anne Daguet-Gagey, Septime Sévère, Payot.
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