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Lénine-Staline

Faire le portrait de Vercingétorix est une tâche rendue ardue car l’historien se heurte à deux difficultés majeures :
- Il doit se livrer à une lecture critique du mythe pour s’approcher de la réalité,
- Il doit surmonter la faiblesse des sources et se coltiner à un ouvrage de propagande : la guerre des Gaules.
Paul M Martin n’est pas un historien. Il est docteur es lettres, professeur de langues et de littérature latine à l’université de Montpellier III. Bien conscient des obstacles sur son chemin, il ajoute à sa capacité à démêler le vrai du faux un sens du récit et une écriture agréable à lire. 
La thèse centrale du livre est la suivante : Vercingétorix fut un piètre politique sous la domination des forces religieuses mais un grand stratège.
Au départ, pour se débarrasser des images d’Epinal, le lecteur doit intégrer une image de la Gaule autre que celle d’un pays uni contre l’envahisseur  car la Gaule est à l’époque de l’invasion romaine très loin d’être unifiée. Les Celtes qui viennent d’Europe centrale se décomposent en de nombreuses tribus différentes et, de ce point de vue, la Guerre des Gaules, est largement une guerre entre Gaulois. L’ambition de César en Gaule est aussi de se servir de la Gaule comme d’une zone tampon qui éloigne le danger que représentent les peuples germaniques qui menacent aux frontières orientales de l’Empire. 
Dans le passé, selon Tite-Live, les Celtes s’en seraient déjà pris aux Romains. Rome aurait même été incendiée en 387 avant J.C. Des soldats gaulois, des mercenaires enrôlés dans les armées étrangères, ont également épaulé les adversaires des Romains. On retrouve des soldats celtes parmi les troupes d’Hannibal.

La Gaule est dans l’Antiquité recouverte d’une épaisse couverture forestière plus vaste et plus dense que celle que nous connaissons aujourd’hui. L’agriculture et l’élevage sont bien développés et maîtrisés par les habitants.
Le port de la moustache, des coutumes « barbares » comme le fait d’orner leurs palissades avec les têtes coupées de leurs ennemis ou de pratiquer les sacrifices humains ou encore  l’habitude « d’accrocher les têtes des ennemis au harnais du cheval quand ils sont en guerre (...) », l’emprise du clergé druidique, ses connaissances et son influence importante sur le peuple gaulois (il faudra attendre l’empereur Claude pour voir disparaître les druides) sont quelques unes des caractéristiques les plus connues des Celtes. 

Vercingétorix naît près de Gergovie dans le pays Arvernes,. La destinée de Celtillos, son père n’est pas très claire. Nous savons qu’il a été assassiné par des nobles gaulois sans doute parce qu’il se montrait trop ambitieux. Quant au fils, il servit César comme soldat dans les années 58-57.
Vercingétorix est un personnage charismatique, ambitieux, capable de diriger une armée. 

Le prétexte qui décida César à franchir les Alpes est la menace Helvètes. Les Helvètes ambitionnent en effet de s’installer en Saintonge. Après les avoir vaincu, ce fut le tour des 300 000 belges d’être défaits par les 9 légions de César, des Vénètes en 57 et 56. La grande révolte gauloise débuta en 54 par les grands peuples du nord : de la Gaule Belgique, de l’Armorique, les Sénons et les Carnutes. Le 23 janvier 54, les habitants d’Orléans massacrent les Romains de la ville. Les Arvernes rechignent cependant à suivre Vercingétorix qui leur propose de prendre le commandement d’une grande armée destinée à affronter les Romains. Il se tourne alors vers les campagnes pour lever des troupes. Il dispose pour recruter d’un « pactole » dont César parle et qui lui vient, probablement, des druides. Pour faire de paysans des soldats, il s’appuie sur une discipline féroce : mutilations physiques en cas de fautes légères et exécution par le feu en cas de fautes plus graves.
L’ambition du chef arverne est de se constituer dans sa région de naissance un territoire pour le diriger et non de libérer la Gaule entière des légions romaines.
Pour attaquer César, Vercingétorix se livre à une guerre des villes ; il attaque Gorgobina par exemple ; ensuite, il met en oeuvre la stratégie de la terre brûlée ; use l’adversaire à Avaricum avant de céder. Aidé par les Héduens qui viennent le rejoindre, il remporte à Gergovie la victoire en 52 avant JC.
A Alésia, Vercingétorix doit faire face à l’armée de César, renforcée d’une cavalerie germanique nombreuse. Repoussé sur l’oppidum, entouré par le dispositif mis en place par les troupes de César, Vercingétorix organise le siège avec ses 80 000 soldats en attendant le renfort d’une armée gauloise que ses alliés doivent lever.  Le chef gaulois laisse partir femmes et enfants qui ne peuvent néanmoins passer les lignes romaines et se voient acculées à errer entre les lignes. 240 000 fantassins et 8 000 cavaliers sont recrutés pour venir en aide à Vercingétorix. L’erreur stratégique de cette armée est de tergiverser et de lancer sur quatre jours les soldats dans la bataille alors qu’il aurait sans doute fallu le faire par vagues dans la même journée pour avoir une chance de submerger une armée romaine fort bien organisée. Cependant, lors du troisième assaut, les troupes de Vercingétorix tentent une sortie de la forteresse. 

Battu, Vercingétorix est livré aux Romains. Il dépose ses armes aux pieds de César. Transféré à Rome, il est emprisonné au Tullianum où il croupit 5 longues années, le temps pour César de pacifier la Gaule. Il est traîné lors du triomphe de César puis étranglé. Son corps, traîné par un croc de boucher, est ensuite jeté sans sépultures aux Gémonies pour être dévoré par les rats et les charognards. 

 

 

Alesia
Musée des antiquités nationales
Argentomagus
L'oppidum d'Entremont
Le site de Vienne