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Mieux comprendre le communisme, quelques ouvrages
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François Furet, le passé d'une illusion, Robert Laffont, Calmann Lévy
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- François Furet n'est pas un historien spécialiste du communisme. Son sujet de prédilection est la révolution française. Son itinéraire personnel, une jeunesse communiste suivie d'une rupture, explique cette incursion. L'essai de Furet fait la part belle à la première guerre mondiale, facteur essentiel (par le degré d'horreur atteint) de l'audience rencontrée par le communisme ensuite (un hommage à la thèse d'Annie Kriegel). Au-delà, les Bolcheviks puisent dans l'idéologie jacobine. Lénine s'est d'ailleurs souvent référé à la période de la Terreur pour caractériser le communisme de guerre. Un travail indispensable.
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Le livre noir du communisme, Robert Laffont
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- Le livre noir du communisme est un best-seller. Certes, il n'échappe pas au catalogue. Certes, l'introduction de Stéphane Courtois manque de discernement. Plus intéressante est la contribution méticuleuse et novatrice de Nicolas Werth qui confirme son rang de spécialiste de la période. Werth décrit par l'exemple le déchaînement de la violence populaire, instrumentalisée, encouragée par les Bolcheviks. Ceux qui pensent encore que le communisme du temps de Lénine a été un moment de paix comparé à l'époque de Staline doivent lire ces pages.
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Martin Malia, La tragédie soviétique, seuil
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- Autre tentative pour embrasser dans une réflexion globale l'ensemble de la période soviétique et en dresser le bilan. Une vision moins essentielle que les deux précédents ouvrages mais à lire tout de même.
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Richard Pipes, La révolution russe, PUF
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- Une vision en forme de réquisitoire de la révolution russe. L'interprétation de Richard Pipes penche très clairement vers une révolution confisquée par un groupuscule de révolutionnaires très bien organisés qui prennent le pouvoir par le biais d'un coup d'Etat qui confisque le pouvoir au peuple comme en témoigne la dissolution de la Constituante. Pour se faire une opinion équilibrée de la question, il est utile de lire Ferro qui montre l'enthousiasme populaire au moment de l'avènement du communisme ou le Staline de Jean-Jacques Marie dans la même mouvance.
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Stéphane Courtois, Marc Lazar, Histoire du parti communiste français, PUF
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- Un manuel indispensable pour comprendre l'engagement du parti communiste au côté du grand frère jusqu'au derniers soubresauts du soviétisme.
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Karel Bartosek, Les aveux des archives, Seuil
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- L'ouverture des archives de Moscou a donné lieu à toute une littérature encouragée par Stéphane Courtois et à des interprétations parfois hâtives. Ce livre se précipite à déboulonner des statues comme celle d'Arthur London, pourtant panthéifié dans "L'aveu". Dans le même genre, Jean Moulin est devenu un agent du Komintern et Philippe Buton entend démontrer que les communistes français ont cherché à prendre le pouvoir en France à la libération. Des problèmes méthodologiques entachent le travail de ces historiens à la recherche de sensations.
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Pavel Soudotoplatov, Anatoli Soudoplatov, Missions spéciales, Seuil
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- Exemple de ce qui a été dit précédemment. Voici les mémoires d'un maître du KGB, un maître donc de l'illusion et du double jeu qui nous affirme ici que Robert Oppenheimer a collaboré avec les soviétiques pour livrer les secrets de la bombe A américaine. André Kaspi a donné en France sa caution à ce travail et Robert Conquest pour le monde des chercheurs anglo-saxons. Quelle confiance accorder à ces aveux d'un stalinien ?
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Amy Knight, Beria, Aubier
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- Dans le monde communiste, les choses sont compliquées. De prime abord, Béria est le bras armé de Staline, le fidèle exécutant des basses besognes de la Loubianka, l'homme du NKVD futur KGB. Ce monstre a pourtant tenté de réformer l'Union Soviétique après la mort de Staline tout en s'opposant à Khrouchtchev. Rien n'est décidément simple. Outre cette thèse surprenante mais étayée, Amy Knight s'attarde longuement sur la mort de Staline et sur les longues heures durant lesquelles Béria, pourtant informé de l'attaque dont souffre le petit père des peuples, ne tire pas le signal d'alarme.
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Andreï Sakharov, Mémoires, Seuil
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- La vision d'un naïf de la politique, d'un idéologue persuadé -presque jusqu'à la fin- que le communisme peut être réformé. Les mémoires du célèbre dissident et physicien Sakharov sont un mélange savoureux d'anecdotes et une illustration d'une lente prise de conscience dans le caractère criminel du stalinisme. Sakharov insiste notamment sur le sort réservé aux peuples peu dociles de la fédération. Dans le même genre, on peut aussi lire les mémoires du cinéaste Tarkovski. A lire -dans un registre plus caustique- le récit du fils de Thorez, Paul, qui raconte ses vacances soviétiques (Les enfants modèles) ou encore la prise de conscience de Jean-Pierre Vernant (entre mythe et politique, Seuil)
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Emmanuel Todd, la chute finale, Robert Laffont
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- Emmanuel Todd, dans cet essai adoubé par Emmanuel Leroy Ladurie (qui faisait partie de la même cellule à la Sorbonne que François Furet), démontre avant l'heure (le livre date des années 70) la chute du système soviétique en s'appuyant notamment sur le déclin démographique de l'URSS. Au-delà, l'itinéraire de cet historien essayiste très anglo-saxon est révélateur de l'errance des intellectuels orphelins des idéologies englobantes. Proche du club Saint-Simon et à l'origine de la thèse de la fracture sociale chère à Chirac pour se rapprocher ensuite du parti communiste et décrire aujourd'hui la fragilité de l'empire américain. Sur la démographie soviétique, lire aussi Alain Blum.
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Margarete Buber-Neumann, Milena, Seuil
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- Le récit bouleversant d'une communiste allemande qui s'exile en URSS lors de la montée du nazisme. Enfermée au goulag, elle est échangée contre des prisonniers soviétiques pendant la guerre et se retrouve à Ravensbrück ou elle fait la connaissance de Miléna, la maîtresse de Kafka. Buber-Neumann aura donc connu les deux systèmes concentrationnaires. A la libération, elle est appelée à témoigner au procès Kravchenko. Haut fonctionnaire soviétique, il est l'auteur de "J'ai choisi la liberté" où il dénonce le système des goulags. Les Lettres françaises font un procès à Kravchenko avec l'ambition de démontrer que les camps soviétiques n'existent pas. Buber-Neumann est malmenée au procès par l'avocat communiste des lettres : affligeant et révélateur.
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