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François 1er par Clouet Louvre

Lorsque Louis XII décède en 1515, sans héritier mâle, c’est son gendre, François d’Angoulême, marié avec sa fille depuis mai 1514, qui devient le roi. François aura de sa femme, durant son règne, 7 enfants : Louise qui naît en août 1515, Charlotte, le 23 octobre 1516, François le 28 février 1518, Henri le 31 mars 1519, Madeleine le 10 août 1520, Charles le 22 janvier 1522, Marguerite le 5 juin 1523. La reine meurt en juillet 1524. Deux des enfants n’atteignent pas l’âge de 10 ans, deux autres 20 ans et un dernier 23 ans ce qui donne une idée du taux de mortalité infantile en France à cette époque.

François accède au trône à l’âge de 20 ans. Enfant gâté dans son enfance, il est formé par son précepteur François Demoulins, un humaniste lié à Guillaume Budé.  Enjoué, influençable, adepte de la chasse, c’est d’abord un roi-soldat.

Le roi est sacré dès le mois de janvier 1515. Il décide de conserver dans son entourage le principal conseiller de Louis XII, Florimond Robertet. Il confie la charge de connétable à Charles de Bourbon et Antoine Duprat devient président du Parlement.

A cette époque, le royaume de France forme un ensemble territorial de 450 000 km2. Il est peuplé par 16 millions de sujets. 

François et la guerre

François, dès son avènement, rêve d’Italie et notamment du duché de Milan. Son armée, forte de son artillerie, passe les Alpes pour affronter les mercenaires, essentiellement suisse de la Sainte-Ligue. Le 10 septembre, les troupes françaises siègent devant Milan. Les Français chargent et remportent alors la célèbre victoire de Marignan, bourgade située à 16 km au sud-ouest de la ville. Le traité de Cambrai est signé en mars 1517. Le duché revient à la France.
Fort de ce succès, François se rêve Empereur, mais devra s’incliner devant l’élection du futur Charles Quint qui deviendra de ce fait son grand rival.
Il entreprend alors de s’allier avec Henri VIII, roi d’Angleterre, traité scellé de manière fastueuse lors de l’entrevue du Drap d’or. Henri restitue Tournai contre 600 000 couronnes à cette occasion. L’entrevue se déroule  en Flandre, entre les châteaux d'Ardres et de Guines, dont le 1er appartenait à la France, et le 2e à l'Angleterre.

Au printemps 1521, l’Empereur, qui convoite la Bourgogne, déclanche les hostilités. En avril, Lautrec, officier français, est défait en Italie. Pour financer ses entreprises militaires, François doit multiplier les initiatives : augmentation de la pression fiscale, emprunts et cession d’une partie du domaine royal.
Charles de Bourbon, son connétable, le trahit pour l’empereur, déçu par la mise sous séquestre d’une partie de ses terres. L’affaire est mal engagée, d’autant qu’Henri VIII ouvre un second front.
La guerre dure jusqu’en 1525 : le territoire français est alors arpenté par les armées de Charles de Bourbon au sud, à qui la Provence est promise et par les Anglais au nord tandis que Charles, tergiverse en raison de la pression des Turcs à l'est de son territoire, et de soucis financiers. François se rétablit d’une mauvaise maladie et part secourir les soldats de Provence puis, victorieux, il franchit de nouveau les Alpes et porte le siège devant Pavie, en plein duché de Milan. Alors que la victoire lui semble assurée, la cavalerie emmenée par le roi commet la grande imprudence d’aller à la rencontre des troupes de l’Empereur, sans se soucier de découvrir ses arrières. La bataille est un carnage qui fait plusieurs milliers de morts. François est fait prisonnier.

Nommée Régente, Louise de Savoie préférée par son fils à Claude, en l’absence du roi, parvient à maintenir l’unité du royaume.
Transféré d’Italie en Espagne, François se désespère de rencontrer son frère-ennemi et signe, à bout de force, le traité de Madrid en 1526. Il quitte sa prison mais doit renoncer à ses rêves italiens et à la Bourgogne, prêt au fond de lui à ne pas respecter les clauses les plus embarrassantes du traité.
De retour en France, il profite de sa liberté retrouvée et semble délaisser les affaires du royaume pour chasser et festoyer.

Néanmoins, il rétablit sans peine son autorité à la tête de l’Etat. Semblançay, argentier de Louise de Savoie, en fait injustement les frais, accusé de malversations financières.

En juin 1527, Lautrec reprend la tête des armées, se rend en Italie à l’appel du pape après le sac de Rome par les lansquenets allemands, mais doit renoncer une nouvelle fois devant Naples car son armée est très affaiblie par une épidémie de peste. L’espoir d’un retour durable en Italie s’évanouit.

Dans le royaume, l’agitation religieuse due à la montée de la Réforme inquiète François tandis que la conjoncture économique se retourne. C’est ce qui persuade Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, d’entreprendre des négociations afin d’éviter une nouvelle et coûteuse guerre. Cet épisode curieux est resté sous le nom de « paix des dames ».  Si François conserve la Bourgogne, il doit abandonner l’Italie. L’alliance est scellée par le mariage de François (veuf depuis 1524) avec Eléonore, soeur de Charles.

À partir de 1530, un élément surprenant de la politique diplomatique de François, lequel désarçonne l’Europe chrétienne, est son alliance avec le Sultan.

En 1535, la mort de François Sforza est le prétexte pour reprendre l’initiative dans la péninsule italienne. En 1537, une trêve est signée.

Puis, les hostilités reprennent en 1540. Henri VIII se tient d’abord à l’écart puis se tourne vers l’Empereur. Les troupes impériales marchent vers la Capitale. La paix de Crécy, paraphée  en septembre, marque la fin de l’alliance franco-turque et reprend les termes des précédents accords.

François en son royaume

La première partie du règne est marquée par une remarquable période de prospérité qui favorise le commerce, l’essor des ports de la côte Atlantique et les constructions ; l’industrie comme la circulation monétaire profitent également de la croissance. L’essor du textile, notamment en région lyonnaise, met fin, par la grâce du roi, au monopole de la Touraine dans ce domaine. Le roi favorise les expéditions maritimes d’un Jacques Cartier. Cette prospérité permet au roi de financer sa politique extérieure. 

A la pragmatique sanction, Léon X fait place à un Concordat, signé le 22 mars 1518, qui permet au roi  de nommer tous les bénéfices majeurs. Les progrès du protestantisme sont notables durant cette période qui voit Luther entrer en conflit avec l'Eglise catholique : l’affaire des placards en témoigne (octobre 1534). Des textes d’une extrême violence contre la religion officielle sont en effet placardés en plusieurs villes royales du royaume. Cette provocation déclanche la colère royale.
Calvin est poussé hors du royaume. Le massacre extrêmement violent des Vaudois de Provence et le procès des réformes de Meaux prouvent la résolution du roi, prêt à faire couler le sang pour rétablir la paix religieuse et surtout l'hégémonie catholique.

François est un homme d’une grande prestance. Souvent malade, il souffre notamment d’un abcès douloureux dans la région du périnée. Marié à Eléonore après le décès de sa première femme Claude, il prend, en la personne d’Anne de Pisseleu, une maîtresse. La mort de son premier fils François dans des circonstances qui font penser à un empoisonnement, promeut Henri au rang de dauphin.

Au printemps 1534, pour la seconde fois, François 1er entreprend un grand périple en son royaume qui lui permet de mieux mesurer les attentes de ses sujets.

Son règne marque l’affirmation inachevée de l’Etat et donc de la monarchie absolue : 32 000 actes royaux attestent du dynamisme législatif. Les décisions prises dans les Conseils sont répercutées dans les provinces par le biais des officiers et des commissaires missionnés par le roi.

Le siècle de François marque aussi l’apogée de la Renaissance. En architecture, avec la construction du château de Gaillon, commencée sous le règne de Louis XII et celle des châteaux de la Loire (Blois et Chambord) où le roi aime résider en passant par le Louvre et Ecouen, le goût italien domine la France. Le roi fait appel à des artistes transalpins : le Florentin et Primatice qui viennent exercer leurs talents au-delà des Alpes. En peinture, Clouet est l’auteur des plus fameux portraits royaux.

A la fin du règne, la population du royaume a grandi : la France est peuplée d’environ 20 millions de sujets. La conjoncture s’est retournée comme cela été écrit plus haut et le règne de François 1er se termine moins bien qu'il n'avait débuté. Les mauvaises récoltes, successives dans les années 1523, 24 et 26, ont provoqué des disettes. La pauvreté grandit comme le vagabondage dans les villes et les prix des denrées augmentent.

Souffrant plus que jamais, François 1er, à l’approche de son trépas, conserve tout son esprit. Alité en mars 1547, il décède le 31, après de fortes fièvres sans doute liées à sa vieille fistule. L’autopsie pratiquée montre qu'il souffrait alors d’une nécrose des reins, d’une tumeur de l’estomac et d’une atteinte au poumon droit.

Gravure de James Basire de 1774, d'après une peinture à l'huile du XVIe siècle
Le Louvre
Le château de Fontainebleau
Le château royal de Blois
Ecouen
Amboise
Galerie François 1er au château de Fontenaibleau
Chambre du roi au château de Blois
Entrevue du drap d'or -Arts graphiques du musée du Louvre - XIXe
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