les derniers Valois
valois

XVIème

Cette période campée par Patrice Chéreau dans "La reine Margot" comme une époque tourmentée est ici décortiquée avec raison.

Le contexte

Le royaume est alors entouré de possessions espagnoles et le but des rois de l'époque est d'en repousser l'influence.

Il est démographiquement "plein comme un oeuf". Il compte 200 villes moyennes et 47 grandes villes dont Paris ; même si le nombre des citadins reste mesuré (10 % des Français). Paris compte alors entre 200 et 400 000 habitants. La plupart de ces villes sont entourées de remparts et dirigées par un conseil de magistrats dont les pouvoirs sont considérables en particulier en matière de taxes, foires et marchés. A l'époque des Valois, de grands travaux sont entrepris au Louvre avec Pierre Lescot et le quai large et empierré qui remplace devant le palais les berges de la Seine.

La France est également découpée en Etats représentés par des députés élus qui lèvent les impôts royaux, se chargent des routes et de mâter les éventuelles révoltes populaires. Le roi nomme en contrepoids des gouverneurs dans les provinces. Ces gouverneurs sont issus des grandes familles de la noblesse : familles d'Albret, de Foix, de Brézé, de la Trémoille ou princes du sang (Bourbons, Angoulêmes, Orléans, Amençons). Le roi nomme aussi les membres du haut clergé. En somme, nous assistons à une montée en puissance du pouvoir du roi.

La France connait le retour des disettes et des famines (1529-1530, 1538-1539 puis 1562-63).

A la mort d'Henri II, François II, âgé de 15 ans, devient roi. François avec le premier édit d'Amboise en mars 1560 revient à une politique plus clémente. En décembre 1560, il succombe à la suite d'un "catarrhe" à l'oreille.

Les Principaux Valois

Catherine de Médicis, arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique, orpheline, a été l'épouse d'Henri. Le mariage a lieu alors qu'elle est seulement âgée de 14 ans en octobre 1533. Il faut attendre janvier 1544 pour voir l'arrivée d'un premier enfant. A la mort d'Henri, elle prend la régence. Catherine s'entoure de 435 personnes pour assurer le train de vie de sa maison. Elle amorce une politique de tolérance et est à l'origine du premier édit de tolérance en janvier 1562. Entre 1564 et 1566, les Valois voyagent en France pour imposer cette politique mais les troubles reprennent à l'automne 1567 lorsque les huguenots tentent, près de Meaux, de s'emparer du roi. Les guerres se succèdent mais ne se ressemblent pas comme les édits qui les achèvent (Longjumeau, Beaulieu...)

Charles IX est un roi chasseur, qui s'intéresse particulièrement aux chiens qui l'accompagnent. Il devient roi à 10 ans et gouverne avec sa mère. Il aime la compagnie de Ronsard et d'Ambroise Paré, son premier chirurgien. Il laisse au chancelier Michel de L'Hospital la conduite du royaume ; une politique de conciliation. A cette époque comme à celle d'Henri III, les états généraux sont souvent réunis. Il meurt à l'âge de 24 ans, à Vincennes, rongé par une maladie pulmonaire : "imprégné de lueurs sanglantes, le roi est hanté par le spectre de ceux qui périrent à la Saint-Barthélémy".

Henri III est, parmi les Valois, celui dont la réputation est la pire. Pourtant, sa correspondance montre son souci de la modération. Son apparence physique suscite des remarques acerbes. C'est un personnage paradoxal qui aime paraître et éprouve aussi le besoin de la solitude. Sa fuite de Pologne où il était roi engendre la réprobation : Aucun roi sarmate à Cracovie n'est entré Avec une aussi grande suite et si joliment paré Qu'Henri III. Mais aussi plus tard Personne n'est comme lui parti sans crier gare.

A la fin de sa vie, Henri III mène la guerre contre Navarre tout en étant persuadé de la légitimité au trône de ce dernier. Sa réconciliation tardive avec le Béarnais n'empêche pas son assassinat par le moine Jacques Clément, le 1er août 1589.

Les autres Valois

La première fille de Catherine, Elisabeth, devient reine d'Espagne et épouse de Philippe II. C'est pendant les fêtes de son mariage, qu'Henri II est mortellement blessé. Elle meurt des suites d'une grossesse. Elle a marqué sa présence à la cour par son goût artistique et son entourage.

Claude, épouse de Charles III, duc de Lorraine, est la seconde fille de Catherine.

Marguerite connaît très tôt les fastes de la Cour. Sa famille l'éloigne d'Henri de Guise pour lui préférer Henri de Navarre. Ses premières années avec lui se passent dans une atmosphère lourde, consécutive au massacre de la Saint-Barthélemy. Elle aussi aime fréquenter des artistes  : Montaigne, Salluste du Bartas, Du Faur de Pibrac, des musiciens également. Sa bibliothèque est riche par exemple d'ouvrages de controverses au sujet de Luther. Marguerite est l'initiatrice de débats oratoires où lettrés protestants et catholiques s'affrontent. Henri se sépare très vite d'elle car il lui faut une descendance. La séparation prononcée, elle devient la reine Marguerite en 1599. Elle a des amants mais se réconcilie avec Henri IV sur le tard et aide Marie de Médicis à trouver sa place et son rang auprès du roi.

François d'Alençon est marqué au visage par une petite vérole contracté dans son enfance. On le dit débauché et homosexuel. Il reçoit en 1576 le duché d'Alençon. Il est de ceux qui réprouvent le massacre de la Saint-Barthélemy. Cultivé, il aime écouter des conversations philosophiques autour de commentaires de Plutarque, Platon et Aristote. Il meurt d'une infection pulmonaire en 1584.

La cour

La cour représente à cette époque près de 8 000 personnes. Outre les apparats de la cour ; le roi fonde l'ordre du Saint-Esprit où se réunit une sorte de club très fermé de nobles qui prêtent serment au roi. Les courses à la bague ou à la quintaine sont les compétitions sportives qui remplacent les tournois. Lors des noces de Marguerite, les festivités durent quatre jours et comprennent un des premiers ballets : le Paradis d'amour sur le thème de la chevalerie.
Du temps des derniers Valois, les constructions dans Paris et aux alentours sont importantes : aménagements dans les châteaux royaux de Chenonceaux et de Saint-Maur, ce dernier est grand d'une vingtaine de chambres et décoré de somptueuses tapisseries (la fête des Valois). Catherine a aussi décidé la reconstruction du quartier parisien de Saint-Eustache. La reine quitte le Louvre pour Chenonceaux et Blois ; elle ébauche le projet des Tuileries qui n'aboutit pas. Marguerite se fait construire une résidence sur la rive gauche. Elle lègue ce palais à Louis XIII.

Avec les protestants

Dans le domaine religieux, les calvinistes appartiennent pour la plupart à la noblesse. Henri III choisit de durcir sa politique du roi contre les protestants. L'édit d'Ecouen suggère ni plus ni moins la mort. L'exécution du conseiller Anne Du Bourg, partisan de la clémence, est révélateur de l'état d'esprit de l'époque. La conjuration d'Amboise en mars 1560, menée par Louis de Bourbon, prince de Condé et huguenot, contre les Guise est une réponse des protestants. Les Guise sont massacrés dans les bois d'Amboise alors qu'ils se réfugiaient dans le château. Les relations avec les protestants sont souvent violentes : en septembre 1567, des protestants exaspérés par l'occupation de leur ville par le gouverneur du Languedoc se révoltent à Nîmes ; ils jettent dans un puits de l'évêché une vingtaine de dignitaires de l'Eglise : c'est la Michelade. Lors d'une des guerres civiles, en mars 1559, à Jarnac, le prince de Condé tombe de cheval et se casse la jambe. Le duc d'Anjou refuse de lui accorder la vie. Il fait même transporter le cadavre sur un âne.

Ces haines réciproques culminent au moment de la Saint Barthélemy le 24 août 1572 qui se déroule alors que le mariage d'Henri avec Marguerite se prépare. La mort de Gaspard de Coligny qui survient en pleine rue le 22 août marque le début des troubles. Les protestants désignent les Guise. Les Guise viennent se justifier auprès du roi. La décision est prise en Conseil dans l'après-midi de tuer tous les huguenots de guerre. Le roi de Navarre et Condé ont la vie sauve. Le peuple se défoule. Le nombre de morts est considérable : entre 2 000 et 3 000 à Paris et 5 000 dans tout le royaume.

L'assassinat du duc de Guise en décembre 1588 est l'autre mouvement de balancier des Valois, cette fois-ci à l'époque d'Henri III ; le crime a lieu dans le château de Blois. Le duc est brûlé sur place. La mort des Guise provoque une immense vague de fureur. Henri III se rapproche alors de Navarre avec lequel il envisage de réinvestir Paris. Hanté par l'idée de ne pouvoir donner un héritier au royaume, il accompagne sa femme dans des lieux réputés fertilisants. C'est dans ce contexte que Jacques Clément plante son couteau dans le ventre du dernier Valois.

Au total, les Valois tentent d'instaurer une harmonie que la réalité vient briser, toutes les tentatives de conciliation ayant échoué ; alors la violence s'instaure.

D'après Jeanine Garrisson

le contexte
les prinipaux Valois
les autres Valois
La cour
Avec les protestants
haut de page